La Flandre réduit de 179 millions d'euros les aides à l'énergie verte en cas de prix négatifs de l'électricité
Réduction des subventions destinées notamment aux grands parcs solaires
Un article publié par De Tijd révèle que la Flandre réduira considérablement, à partir de 2027, les aides sous forme de certificats accordées aux grands parcs solaires, aux éoliennes et aux installations de cogénération. La ministre flamande de l'Énergie, Melissa Depraetere (Vooruit), souhaite ainsi éviter environ 179 millions d'euros de coûts liés aux aides entre 2027 et 2035. Ce sont surtout les anciennes installations photovoltaïques qui seront touchées. Parallèlement, cette mesure vise à inciter les producteurs à mieux adapter leur production à la demande en électricité.
Un contraste frappant
Le développement rapide de l'énergie solaire et éolienne entraîne de plus en plus souvent des situations où l'offre dépasse la demande et où le prix de l'électricité passe en dessous de zéro. Cela met en évidence une contradiction frappante : les ménages équipés de panneaux solaires peuvent, en cas de tarifs d’injection négatifs, être contraints de payer pour injecter de l’électricité sur le réseau, tandis que certaines grandes installations, historiquement subventionnées, continuent de recevoir des certificats verts.
« Les ménages équipés de panneaux solaires paient parfois pour injecter de l’électricité dans le réseau, tandis que les grandes installations continuent de bénéficier de subventions même en cas de surproduction », explique M. Depraetere. « C’est difficile à expliquer. »
De six heures à un quart d’heure
À compter du 1er janvier 2027, la Flandre va donc renforcer les règles relatives aux certificats d’électricité verte et de cogénération. Aujourd’hui, l’aide accordée à certaines grandes installations ne prend fin que lorsque les prix de l’électricité sont négatifs pendant au moins six heures consécutives. À l’avenir, la production réalisée pendant un quart d’heure où le prix de l’électricité est négatif ne sera déjà plus éligible à l’aide sous forme de certificats.
Des études montrent que la rentabilité des parcs solaires reste limitée
De ce fait, l’incitation financière à continuer de produire en cas d’offre excédentaire disparaîtra. Les exploitants recevront ainsi un signal économique plus fort pour arrêter temporairement leur production, stocker l’électricité ou augmenter la consommation locale.
« La Flandre cessera ainsi plus rapidement de subventionner l’électricité pour laquelle il n’y a pas de demande à ce moment-là », explique M. Depraetere.
Les anciennes installations solaires sont particulièrement touchées
Sur la période 2027-2035, la Flandre estime les économies réalisées sur les coûts des aides à environ 179 millions d’euros. La majeure partie de cette somme provient des panneaux solaires. Selon les chiffres de Voka, les subventions versées pour le photovoltaïque diminueront d’environ 98,9 millions d’euros, dont plus de 97 % concernent des installations mises en service avant 2013.
Selon De Tijd, environ 63 millions d’euros sont en outre économisés au niveau des installations de cogénération (PCCE) et environ 17 millions d’euros au niveau des éoliennes.
Le fait que les anciennes installations photovoltaïques pèsent autant dans la balance s’explique par les généreux régimes d’aide mis en place à l’époque par la Flandre pour stimuler les investissements dans les énergies renouvelables. Selon De Tijd, les certificats d’électricité verte pour les panneaux solaires auront coûté, selon les estimations, 14,5 milliards d’euros d’ici 2030.
Aujourd’hui, le défi se situe ailleurs. En raison de la forte croissance des énergies renouvelables, il devient de plus en plus important de coordonner la production, la consommation et le stockage.
La flexibilité gagne en importance
Cette évolution a également des conséquences pour les maîtres d’ouvrage et les promoteurs immobiliers. Dimensionner une grande installation photovoltaïque en fonction d’une production annuelle maximale n’est plus une évidence. La question qui se pose de plus en plus est de savoir ce qu’il advient de l’électricité lorsque la production est élevée et que le prix du marché est bas, voire négatif.
L’autoconsommation, le stockage par batterie, les bornes de recharge, les pompes à chaleur et la gestion intelligente de l’énergie gagnent ainsi en importance. Pour les grands projets immobiliers et industriels, le modèle économique passe de la production d’un maximum d’électricité à l’utilisation optimale de l’énergie produite localement.
Pour les installations de cogénération, la situation est plus complexe. Elles produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur et sont souvent intégrées à des processus industriels, ce qui rend leur mise hors service difficile.
La Voka met en garde contre les risques liés à la sécurité juridique
Le fait que les nouvelles règles s’appliquent également aux installations existantes suscite des critiques de la part du monde des affaires.
« Les entreprises doivent pouvoir compter sur le fait que les règles sur lesquelles elles fondent leurs investissements à long terme ne seront pas modifiées en cours de route », déclare Frank Beckx, directeur général de Voka. « C’est pourquoi, selon nous, les installations existantes auraient dû être exclues de cette mesure. »
Sur le plan juridique également, cette réforme n’allait pas de soi. Selon De Tijd, le Conseil d’État a demandé des garanties supplémentaires quant à la possibilité de rentabiliser suffisamment les investissements dans les installations existantes. M. Depraetere renvoie à une étude du cabinet de conseil Trinomics, qui indiquerait que l’impact sur la rentabilité des parcs solaires resterait limité.
En raison des retards pris dans ce dossier, les économies estimées sont entre-temps passées d’environ 290 à 179 millions d’euros.
De la production maximale à la valeur maximale
Ces 179 millions d’euros ne seront pas répartis directement entre les ménages flamands. Il s’agit des coûts de subvention évités entre 2027 et 2035. Les certificats étant financés par le réseau électrique et la facture d’énergie, la baisse des coûts de subvention devrait, à terme, faire baisser la facture des ménages et des entreprises.
Cette réforme illustre également une transition plus large au sein du système énergétique. Ce n’est pas seulement la quantité d’énergie renouvelable qui compte, mais de plus en plus le moment où elle est produite et consommée.
Pour les concepteurs, les bureaux d’études, les promoteurs et les maîtres d’ouvrage, cela signifie que les panneaux solaires, les batteries, les infrastructures de recharge et la gestion de l’énergie doivent de plus en plus être considérés comme un système énergétique intégré. Pour les grands projets solaires, l’analyse de rentabilité passe ainsi d’une production maximale à une valeur maximale de chaque kilowattheure produit.
Source : De Tijd