Rétrospective Intersolar 2026 : le secteur de l’énergie mise sur l’intégration des systèmes
The smarter E Europe présente la prochaine étape de la transition énergétique

La transition énergétique ne repose plus uniquement sur les panneaux photovoltaïques ou les batteries, mais sur leur intégration intelligente. Tel était le fil conducteur de The smarter E Europe 2026 à Munich, où quelque 105.000 professionnels ont découvert des solutions intégrées pour un système énergétique flexible et fondé sur les énergies renouvelables.
Un rendez-vous international
Avec 2.650 exposants issus de 52 pays et plus de 105.000 visiteurs professionnels venus de 163 pays, The smarter E Europe a confirmé sa position de plus grand salon européen consacré au secteur de l’énergie. Cette alliance réunit les quatre salons Intersolar Europe, ees Europe, Power2Drive Europe et EM-Power Europe, offrant une vue d’ensemble des dernières avancées en matière d’énergie solaire, de stockage, d’infrastructures de recharge, de gestion énergétique et de technologies de réseau.
La forte dimension internationale a marqué cette édition : plus des deux tiers des exposants provenaient de l’étranger. Le salon confirme ainsi son rôle de plateforme mondiale où fabricants, développeurs, installateurs, gestionnaires de réseaux et décideurs échangent sur les orientations futures de la transition énergétique.

Des produits aux systèmes
Alors que les éditions précédentes mettaient principalement en avant des innovations individuelles – panneaux photovoltaïques, onduleurs ou batteries –, l’édition 2026 s’est concentrée sur l’intégration des technologies. Sur l’ensemble du salon, la question centrale était de savoir comment mieux coordonner production, stockage, consommation et mobilité.
Cette évolution s’est également reflétée dans l’exposition spéciale Renewables 24/7, qui démontrait le fonctionnement d’un système énergétique basé sur les énergies renouvelables grâce à la combinaison de l’énergie solaire et éolienne, du stockage par batteries, de réseaux intelligents, d’une gestion numérique de l’énergie et de consommateurs flexibles. Le message était clair : les technologies existent ; le défi consiste désormais à les faire fonctionner ensemble de manière intelligente.

La flexibilité au cœur des débats
La flexibilité s’est imposée comme le maître-mot de cette édition. Outre les systèmes de stockage par batteries, les logiciels de gestion énergétique, les centrales électriques virtuelles (virtual power plants) et les solutions intelligentes de pilotage des réseaux ont suscité un vif intérêt.
Les véhicules électriques ont été présentés comme de véritables composants du système énergétique. La recharge bidirectionnelle – permettant aux véhicules non seulement de consommer de l’électricité, mais aussi d’en restituer aux bâtiments ou au réseau – a particulièrement retenu l’attention. Associée à des logiciels de recharge intelligents et à des tarifs d’électricité dynamiques, elle ouvre de nouvelles perspectives pour limiter les pics de consommation et valoriser davantage l’électricité produite localement.
Les conférences ont également mis l’accent sur les centrales photovoltaïques hybrides, la stabilité du réseau, la flexibilité de la demande, le stockage à grande échelle et les effets des prix négatifs de l’électricité.

L’innovation se tourne vers les logiciels
Les lauréats des The smarter E AWARDS ont confirmé cette évolution. Les innovations récompensées ne concernaient plus uniquement des équipements toujours plus performants, mais surtout leur gestion intelligente. Les plateformes logicielles de gestion énergétique, les solutions de recharge bidirectionnelle, les systèmes automatisés pour la construction de centrales photovoltaïques de grande envergure et les nouvelles technologies de batteries, notamment au sodium-ion, illustrent l’importance croissante de la numérisation dans le secteur de l’énergie.
L’innovation évolue ainsi de produits individuels vers de véritables écosystèmes, dans lesquels production, stockage et consommation d’énergie sont pilotés de manière coordonnée.
Pertinent pour la Belgique
Les tendances observées à Munich font écho aux défis auxquels est confronté le secteur belge de la construction et de l’énergie. La croissance rapide des installations photovoltaïques, des batteries résidentielles et industrielles, des véhicules électriques et des pompes à chaleur accentue la pression sur les réseaux électriques. Les systèmes intelligents de gestion de l’énergie, le stockage local et les services de flexibilité deviennent dès lors essentiels pour réduire les pics de consommation et optimiser les capacités du réseau.
Pour les promoteurs, architectes et installateurs, cela signifie que la gestion de l’énergie s’intègre désormais pleinement à la conception des bâtiments. Au-delà du choix des équipements, c’est surtout leur interaction – panneaux photovoltaïques, batteries, infrastructures de recharge et systèmes de gestion technique des bâtiments – qui devient déterminante.
De la vision à la pratique
L’hydrogène est lui aussi resté un thème majeur, notamment à travers la première édition du Hydrogen Dialogue Summit. Néanmoins, l’accent a surtout été mis sur des solutions déjà disponibles sur le marché et susceptibles d’être déployées à grande échelle.
Au terme des trois journées du salon, le constat est sans équivoque. Le secteur ne débat plus de la faisabilité d’un système énergétique fondé sur les énergies renouvelables, mais de la manière la plus efficace d’intégrer l’ensemble des technologies disponibles. The smarter E Europe 2026 a montré que la transition énergétique est entrée dans une nouvelle phase : celle de systèmes énergétiques intelligents, flexibles et pilotés numériquement.
